La confection d objets utilitaires
Posté le 21.06.2008 par odeurdelaterre
Fabrication d’un arc à double courbure
La portée d’un arc à double courbure est plus importante que celle d’un arc « simple » en demi cercle. Nous le nommons « à double courbure » car les deux extrémités de l’arc sont incurvées vers l’extérieur, ce qui confère à l’arc plus de force car la corde étirée, puis lâchée, est brutalement retendue.
La forme peut être obtenue en traitant le bois à la vapeur et en le maintenant au sol par des pieux.
Je vais vous enseigner une seconde technique qui demande plus de patience mais qui donne un bon résultat, il s’agit de la déformation du bois par pressions de poids sur un bâton d’où pendent des sacs de petites pierres et qui est posé sur deux branches.
Tout d’abord, il nous faut trouver un bâton droit de hauteur convenable, et le frapper plusieurs fois au sol pour vérifier sa solidité. Puis nous pratiquons une petite entaille verticale sur chacune des extrémités, et une seconde petite entaille en biais. Ainsi, la fente servira de butée pour retenir le sac qui entraînera l’extrémité vers le bas et lui donnera une forme recourbée.
Il nous faut quatre sacs replis de petites pierres, ou quatre pierres attachées à une corde. Le bâton est posé sur deux branches. Deux sacs de galets sont suspendus au milieu du bâton, entre les branches, et deux autres sacs de galets sont suspendus aux extrémités du bâton à l’extérieur des branches. Au bout de plusieurs jours, le bâton se déforme progressivement et prend la forme d’un arc à double courbure. Le milieu s’est affaissé vers le bas, les deux branches ont donné deux courbes et les extrémités sont retombés vers le bas. Nous pouvons aussi obtenir le même résulta en attachant deux pierres suspendues à une ficelle au centre du bâton, et encore deux pierres suspendus par une ficelle aux deux extrémités du bâton.
Lorsque la forme nous paraît convenable, nous la retirons des branches, enlevons les sacs et taillons au couteau les extrémités pour les aplatir afin de les rendre plus souples, mais ne les taillons pas trop fins pour ne pas les rendre fragiles. Enfin il reste à attacher la corde de l’arc. La corde doit être rigide et non élastique, nous pouvons utiliser par exemple des fibres de tilleul.
Trois longs fils (ou trois fils composés de plusieurs fibres attachées entre eux ) sont attachés à l’extrémité de l’arc. Aussi nous pouvons tailler autour de cette extrémité pour mieux retenir la corde. Puis les trois fils sont enroulés sur eux mêmes jusqu’à atteindre l’autre extrémité de l’arc, cela pour rendre la corde plus solide. Enfin, l’arc est achevé et il ne nous reste plus alors qu’à l’essayer.
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Posté le 19.04.2008 par odeurdelaterre
Ficelles et cordage en écorce de tilleul
L’aubier du tilleul se compose de fibres qui, une fois décollées et séchées, constituent de longues ficelles solides. Aussi je m’en sers pour la confection d’objets en écorce de bouleau et pour les cordage tenant mon panier en tige végétale sur mon épaule et ma hanche, mais ces fibres de tilleul peuvent devenir une corde d’un arc, une attache pour les perches d’abri, un filet, leur utilité est multiple.
Je prélève toujours l’écorce sur la souche d’un tilleul mort, jamais sur un arbre vivant. Aussi l’écorce se décolle mieux lorsque le climat est froid et humide.
L’arbre tombé à terre s’est souvent brisé en deux, nous tirons donc sur l’écorce de l’extrémité brisée du tronc jusqu’à ses racines, ce qui entraîne aussi l’aubier collé à l’écorce et laisse ainsi le duramen à nu. Sur le duramen reste quelques fibres que nous pouvons aisément décoller à la main. Cependant, les fibres de l’aubier sont difficilement retirable tant elles sont collées entre elles. Pour les décoller, il faut faire bouillir l’écorce ou la laisser tremper quelques jours dans l’eau. Ainsi l’eau pénètre les pores du bois et les fibres se décollent entre elles progressivement. Pour ma part, Je laisse tremper l’écorce dans un large et profond ruisseau durant au moins trois jours. Puis je le retire du ruisseau et commence à décoller les fibres entre elles depuis l’extrémité de l’écorce. Les premières fibres sont très fines, puis elles deviennent de plus en plus larges et, juste avant l’écorce est décollé une sorte de tissus végétale.
Enfin, Je les fais sécher dans un lieu sec et les conservent précieusement pour les prochaines confections en matériaux naturels.
Posté le 26.03.2008 par odeurdelaterre
Confection d’objets en écorce de bouleau
L’écorce de bouleau se prélève sur une souche tombée à terre, nous procédons à une entaille sur la longueur du tronc et retirons doucement l’écorce autour du tronc.
L’écorce se retire mieux sur des souches anciennes, aussi le climat chaud, froid, humide ou sec peu influencer l’adhérence de l’écorce sur le tronc du bouleau. Mieux le temps et chaud et humide, mieux l’écorce se décolle. L’écorce de bouleau peut entrer dans la confection de boîtes, il suffit pour cela de découper deux disques de tailles légèrement différentes et deux bandes assez longues pour correspondre au périmètre des disques. Une bande est alors cousue au petit disque par des fibres en aubier de tilleul et forme la boîte, tandis que l’autre bande est cousue à l’autre disque et forme le couvercle.
L’écorce de bouleau peut être décorée au fer rouge comme cela se fait en Russie, ornée de motifs par repiquage à l’aide d’une pointe, ou brodée de fils colorés comme cela s’est fait chez les peuples Algonquin d’Amérique du nord et chez les peuples Evenk de Sibérie. J’ai moi même fabriqué un bandeau en écorce de bouleau brodée d’un zigzag vert et rouge sur sa partie inférieure brune de l’écorce, la partie visible du bandeau. Par soucis esthétique, une autre bande en écorce de bouleau à été cousue sur la partie inférieur du bandeau afin de cacher les trace de couture. J’ai aussi fabriqué un collier en écorce de bouleau sur lequel est brodée le symbole des quatre directions.
L'écorce de bouleau est une matière souple, assez tendre pourqu'une aiguie puisse pénétrer au travers et assez résistante pour durer plusieurs années, et parfois plusieurs sciècles.
Posté le 26.03.2008 par odeurdelaterre
Fabrication de raquettes
Les raquettes sont très simples de fabrication. Une perche de bois dont la taille doit au moins correspondre à un périmètre plus ou moins grand au centre duquel se placera le pied est récupéré en foret. Aussi, la perche doit appartenir à une essence d’arbre au bois souple car il s’agira de la tordre avec de l’eau bouillie. Cette perche est traité a la vapeur et c’est pourquoi il est préférable d’enlever la fine écorce au couteau afin que la vapeur pénètre bien dans les fibres du bois.
Le geste au couteau est toujours orienté vers l’extérieur et jamais dans sa direction, cela pour des raisons de sécurité.On fait bouillir de l’eau dans un récipient et plantons des pieux au sol car ce sont ces pieux qui donneront la forme de la raquette. Une fois bouillie, l’eau est appliquée sur la perche pour assouplir celle ci. On peut également tremper la perche dans l’eau bouilli ou seulement la maintenir dans la vapeur d’eau. Lorsque la vapeur a bien pénétré dans les fibres du bois, la perche peut se tordre et prendre toutes les formes souhaitées. La perche est alors maintenue par les pieux et prend la forme de la raquette, on rajoute encore une seconde perche pour le deuxième pied et laissons sécher les raquettes au soleil.
Les raquettes sont récupérées le lendemain, une fois solidifiés par le soleil. Puis les deux extrémités de la perche désormais arrondies sont nouées ensemble et il reste alors à fabriquer le quadrillage à l’aide de tout matériaux fins, rigides et solides. Pour cela nous pouvons nous servir des fibres de l’aubier d’un tilleul tombé à terre. Une fois le quadrillage confectionné, de solides rondins sont attachés en parallèle horizontalement pour recevoir le pied, et de larges fibres de tilleuls seront attachés à ces rondins pour maintenir solidement le pied sur la raquette.
Il existe une autre méthode qui consiste à attacher deux bâtons à leurs extrémités et, après les avoir traités à la vapeur, à les écarter au centre par des butées de bois placés perpendiculairement aux bâtons. Deux pièces de ce type sont ensuite attachés ensemble à l’endroit où viendra se poser le pied et sont écartés à leurs extrémités par des butés.
Une fois séchés, ces deux ouvrages sont détachés et quadrillés, puis deux rondins sont attachés en parallèle sur chaque raquette.