Mes montagnes
Publié le 27/07/2009 à 19:40 par odeurdelaterre
Un soir, je fis un rêve peu commun. c’était il y a deux jours. Je suis pourtant un garçon proche des choses de la terre, et peu enclin à la science fiction.
J’embarquais à bord d’un vaisseau de la forme d’une calebasse argenté de couleur sombre, ne comportant ni réacteurs, ni fenêtres. Celle-ci glissait parmi les étoiles et se déplaçait rapidement, elle semblait emprunter les voies magnétiques de l’univers pour passer d’un endroit à l’autre, comme un bateau utiliserait le vent et les courants marins. Elle quittait l’espace tel que nous le connaissons, avec ces poussières d’étoiles lointaines perdues dans un néant obscur. Une pellicule de givre prit forme sur sa carapace. Au fil de sa course, les étoiles défilaient, puis se changèrent en un spectacle magnifique, comme des flocons de neige tourbillonnant dans le vide. Enfin nous approchions d’une nouvelle planète, et j’en observais la surface. Elle était d’une désolation surprenante, toute n’était que neige et glace, des océans étaient d’un bleu profond, et l’on distinguais quelques traces vertes au niveau de l’équateur. Je ne voyais pas mes hôtes mais je les entendais me parler « Tu comprends à présent pourquoi nous aimons tant votre planète, la notre est trop loin du soleil et n’est réchauffée que partiellement. Votre planète est un véritable joyau de l’espace, et beaucoup de planètes vous envient. Il y a tant de couleurs, tant de variété d’animaux, d’arbres, de fleurs, tout n’est que émerveillement », je continuais à regarder leur planète qui ressemblait à la terre durant sa période glaciaire, et me disais que en effet notre terre à coté était bien belle. Mon hôte repris « Nous sommes très surpris de voir ce que vous faites de votre planètes, on dirait que vous n’avez aucune conscience de sa beauté. Si vous aviez vécu sur la notre, vous mesuriez le privilège de vivre sur une planète aussi belle, colorée et variée que la votre. Mais vous la détruisez, et nous ne comprenons pas cela ». Nous survolons ce qui me semble être une ville, des calebasses surmontés de tours recouverts de neiges comme dans les paysages de la capadoce un jour d’hiver. Puis l’on me guide vers une sorte de pisciculture, je ne m’attendais pas à trouver cela ici. Ce sont des petits poissons argentés, mon hôte me dit « nous aimons ces animaux qui vivent dans vos eaux, ils forment des tourbillons argentés et semblent danser en groupe, jouant avec les reflets du soleil. C’est pour nous un spectacle magnifique. Nous aimerions les réintroduire sur notre planètes mais nous étudions leur écosystème et malheureusement leur prédateur ne survivent pas dans nos eaux, aussi nous voulons éviter une surpopulation de ces espèces qui déséquilibrerait notre écosystème. Nous sommes fascinés par la faune et la flore de votre planète si riche, car nous considérons une planète dans son ensemble, mais nous voyons aussi comment vous décimez ces espèces avec beaucoup d’inconscience ». La calebasse, une sorte d’aimant à la surface polie et de teinte sombre, reprit la route vers l’espace où les étoiles ressemblaient à des flocons de neige flottants dans le vent de la nuit. Ce n’était qu’un rêve. Je sais qu’il circule aujourd’hui des textes ce type dont nous pouvons douter de la pertinence et des motivations, mais pour ma part je souhaitais simplement raconter un rêve sans lien avec toutes ces histoires qui se racontent aujourd’hui, sans le moindre désir d’influencer vers une voie précise, juste raconter un rêve qui m’a beaucoup marqué.
Publié le 15/04/2009 à 12:00 par odeurdelaterre
Voici quelques expressions anciènnes des alpages. Nous mélangions naturelement le patois avec le français dans la vie quotidiènne, et ne distinguions pas le patois du français. Aussi utilisions nous ces termes en nous adressant aux "etrangers", eux ne comprenaient rien à notre phrase et nous comprenions alors que le terme incompris était probablement patois et non français.
Kes-te la minute : Tais-toi un peu
La yaute : Chez les montagnards
La rioule : La fête
Le rafu : Le bruit assourdissant
S’encagnater : rester chez soi
Pesse : Conifères
Pitater : marcher sans but
niouler : pleurnicher
Arvi : Salut, au revoir
pinayer : Lutter, patauger
Patouyer : tripoter, toucher
Au niouf : au lit
Grailler : Manger
Une auge : Une assiette (mange ton auge)
Une avoinée : Une correction
La peuf : La poussière
C’est kof : C’est sal
Un Magnain : Un forgeron
Les piautes : Les pieds, les jambes
Attifer : Habiller
Bambocher : Avoir quelque chose à faire
Se requinquer : se remettre d’aplomb
En plein caniard : Sous une chaleur de plomb
C'tantôt : cet apres midi
"ça va, ou bien ? Ho, c'tantôt on va faire la rioule, ça va faire un rafu de tous les diables ! Si tu ne sais pas quoi bambocher tu viendras te requinquer, on va s'atiffer comme des patiers ha ha ha allez, Arvi"
Publié le 13/11/2008 à 12:00 par odeurdelaterre
Frère de la ville, la forêt profonde t'angoisse et tu viens te réfugier dans le confort et la sécurité citadine. Moi, le sauvage, je suis angoissé par le confort et la sécurité citadine, et je viens me réfugier dans les forêts profondes où je ressens la présence bienveillante des êtres vivants.
Frère de la ville, où cherches tu le confort ? Je me sens à l'étroit dans tes chaussures, mes pieds transpirent et s'irritent. J'aime sentir la terre chaude sous mes pieds, je ressens l'énergie de la terre dont je fais partie.
Frère de la ville, je t'aime bien, même si tu ne comprends pas mon sens de l'humilité, de la générosité et de la simplicité. Même si tu me donne une pièce de monaie lorsque je t'offre une pomme, que tu te méfie de ma gentillesse et que tu tournes la tête si je te dis bonjour.
Frère de la ville, qu'à tu contre mes pendentifs en écorce de bouleau brodés de fils colorés ? Cela me fait plaisir de les porter, mais chez toi j'ai l'air d'un marginal. S'il n'y a pas de plumes, je suis un hippie , et si je les ajoute, je deviens tout à coup un indien. Il faut embelir son corps pour embellir son esprit. Vos vêtements sont si ternes, vous devriez porter des couleurs plus souvent.
Frère de la ville, tu me dis sauvage lorsque j'évoque la viande mangée le jour de l'abatage, les plantes qui soignent et qui nourrissent. Et je te vois manger ton hamburger civilisé avec un placébo dans ton verre.
Frère de la ville, le monde où tu vis me facine, il me plait. Tu me montre des jeux vidéos qui ont l'air si vrais. Tu me demandes si j'ai un MSN, Je ne connaîssais pas ce mot. Tu me montres ton MP3 que j'avais pris pour une étrange radio, ton portable qui film, fait de la musique, télephone, et me rappelle mon couteau suisse.
Frère de la ville, je ne sais pas si je saurai un jour m'adapter à ton monde, et si je te comprendrai un jour, mais tu reste pour moi un frère.
Publié le 28/09/2009 à 19:48 par odeurdelaterre
Ivan Shishkin est un grand peintre russe du 19 e siècle. Il savait observer et peindre la taiga dans toute sa splandeur.
Publié le 06/04/2008 à 12:00 par odeurdelaterre
Je viens des alpages
J’aime mes montagnes, elles font partie de moi et je fais partie d’elles.
Je viens des alpages, j’ai 400 ans de montagnes dans mes veines, peut être plus. Les gens de la ville prétendent que leur ancêtres descendent du singe, je pense que mes ancêtres descendent de l’épicéa qui recouvre ces montagnes.
Il s’agit de vastes prairies entourée d’une forêt de sapins, d’épicéas et de bouleaux située à 1000 mètres d’altitude. J’aime ces montagnes car elles sont préservées de la pollution, et il pousse champignons, fougères et orties en grand nombre, ce qui témoigne de la pureté de l’air à cet altitude.
En bas s’étend la plaine, et ces villes éparpillés comme des particules blanches bordant un grand lac, puis la plaine s’étale encore jusqu’à la chaîne montagneuse en face. Je ne pus alors m’empêcher d’écrire : « lorsque, depuis les hautes forêts, la plaine s’étale jusqu’à heurter les montagnes voisines, alors l’homme ne peut qu’éprouver qu’un sentiment d’humilité face la grandeur et à la force de la nature ».
La pollution ne vient pas jusqu’ici, elle s’arrête à 700 mètres d’altitude et borde les montagnes d’une brume légère. Nous sommes au dessus des nuages, ils forment une mer moutonnée dans laquelle émergent les montagnes comme des îles éparpillées sur un monde préservé. En bas, sous la mer de nuage, demeure une civilisation engloutie dans sa pollution, sa pluie et ses bruits de machines.
Mais mon véritable monde est celui d’en haut, là ou je croise les cerfs, les renards et les écureuils. Là ou j’honore les hauts conifères, où le soleil dépose dans la forêt bleutée sa teinte dorée au crépuscule, où mille ans plus tôt cette montagne était encore sacrée.
Publié le 06/07/2009 à 19:30 par odeurdelaterre

Kevin est un scandinave passionné du monde sauvage depuis l’âge de 11. Il passe chaque année deux mois dans sa cabane au nord de la Suède et entretient trois réserves naturelles. S’inspirant directement de la culture Saami, et de ses propres expériences, il souhaite nous faire partager les savoirs anciens. Aussi a t’il créé deux blogs très fournis dans lesquels sont conservés, photos à l’appuie, les enseignements pour vivre en milieu naturel. A 39 ans, Kevin construit des cabanes, des Igloos, des abris semblables à un tipi et que les Saamis nomment Laavu. Il nous montre comment faire du feu, où trouver la nourriture dans la Taïga, faire des cordes avec de l’écorce de tilleuil, tailler un bol dans du bois, fabriquer une boîte en écorce de bouleau comme cela se fait dans les pays nordiques, fabriquer des paniers tressés avec les matériaux du coin. Il nous apprend à reconnaître les plantes comestibles, à trouver des œufs, à s’adonner à la pêche et à se brosser les dents avec une plante particulière. Que du bonheur.
Kevin entretient Fenlander’s natural lore blog
http://naturallore.wordpress.com/
Il possède aussi un Blog archivé
http://fenlaners.blogspot.com/
Publié le 02/03/2009 à 12:00 par odeurdelaterre
C’est un arbre haut et large, je le reconnais d’entre mille car il comporte trois marques noires telles des griffes.
C’est mon arbre confident, mon arbre à visions, mon arbre qui me relie au ciel et à la terre. Je peux m’asseoir entre ses racines et reposer mon dos contre son tronc. Alors il me donne son énergie et je deviens arbre à mon tour. Comme lui, ma peau se nourrit du sol humide et de l’énergie du soleil. Je suis peu à peu omniprésent, je vis à travers les arbres, les oiseaux, le gibier, les insectes, le vent, le ruisseau, la roche. Puis je sens en moi le soleil, la forêt, la vie. Alors je ne fais qu’un avec la vie, tout ce qui m’entour est en moi, tout ce qui est en moi m’entour. Et je prends conscience que je suis une partie de la terre, que je suis, comme elle, composé d’eau, de terre, d’air et de feu. La terre m’offre ses aliments qui composent mes cellules renouvelées, et je sais que ces aliments se composent d’engrais organiques provenant d’êtres vivants. Ainsi, la terre et les êtres vivants sont complémentaires, en équilibre, en accord avec les lois de la nature.
Ce que l’homme fait à la nature, à sa mère la terre, il le fait à lui-même. L’énergie qui fleurit les fleurs vivantes, fait voler les insectes vivants, fait brouter les animaux vivants, fait pousser l’herbe vivante, est la même énergie qui nous donne vie. Cette énergie est Un, la terre est vivante comme nous, la vie est un grand tout. La chair de ces animaux vivants ayant mangé des plantes vivantes fécondées par les insectes vivants mangés par les oiseaux vivants est la chair que nous mangeons et qui composent nos cellules. Nous sommes ce que nous mangeons. Ce que nous faisons à la terre et aux êtres vivants à une influence direct sur notre corps. Ainsi le dit le proverbe amérindien, « amer son corps, c’est aimer la terre ».
Publié le 27/10/2009 à 09:49 par odeurdelaterre
Je m'en vais vers d'autres horizons,
m'installer quelque part
tenter l'aventure humaine
Mais je reviendrai...
Je vous aime
Je vous envoie mes belles pensés, et toute mon amitié
Flo'
Publié le 22/10/2009 à 18:44 par odeurdelaterre
Le quotidiens autrefois.dans les Alpages
Autrefois, il n’y avait pour ainsi dire pas de frigo, de toilettes, de baignoire, d’extincteur, de poubelles, de chauffage, d’éléctricité.
Les aliments étaient conservés dans un grand et large récipient appelé saloire, car il contenait le sel qui à l’époque, outre la glace ramenée des alpages, était le seul moyen pour conserver la viande ou autre denrées. Mais très souvent, les aliments étaient mangés frais le jour même. Pour les toilette, il existait une cabane appelé Cabinet, une planche avec un trou où l’excrément et l’urine tombaient dans de la siure de bois qui serait récupérer pour fertiliser le potager. En cas d’incendie, il n’y avait d’autre choix que de fuir le chalet avec ses proche et d’attendre qu’il se consume. Mais toutes les affaires précieuses, sac à grains ou autres trésors de paysans, étaient entreposé dans une petite cabane appelé Cabanon, à l’abri de l’incendie. Il existait un outil appelé « anti monte-lait » que l’on ne trouve plus guère aujourd’hui, il s’agissait d’un petit disque en verre qui a l’allure d’un cendrier, que l’on déposait au fond de la casserole pour éviter que le lait ne déborde lors de la cuisson. Les ordures étaient triés ainsi, le bois et le papier étaient brûlés et les pelures étaient utilisés en composte pour le potager. Pour se laver, l’on utilisait une bassine dont l’eau avait été chauffé, cette bassine se trouvait dans la pièce la plus chaude de la pièce et parfois un paravent protégeait des regards. Pour se chauffer, il y avait bien sûr la cheminée mais il y avait le risque qu’un éclat de braise mette le feu au chalet. La chambre des éleveurs était située juste à coté de l’étable, ils bénéficiaient ainsi de la chaleur des vaches qui était un véritable chauffage naturel. Les gens vivaient avec le soleil, car il n’y avait pas de réveil, et c’est pourquoi nous pouvons observer aujourd’hui sur les volets des anciens chalets des losanges et des cœurs découpés qui laissaient passer les rayons de l’aube.
Publié le 11/05/2008 à 12:00 par odeurdelaterre
Les conseils de randonnée
La marche n’est pas une compétition, il ne s’agit pas d’aller vite et de revenir essoufflé. Il faut prendre le temps de marcher et adapter sa respiration au rythme de sa marche, ainsi nous maintenons un rythme de marche à l’allure constante. Il est important de respirer par le nez et de remplir ses poumons, plutôt que de respirer par la bouche et ne rien mettre dans ses poumons.
On se fatigue moins en marchant avec un bâton car celui-ci supporte le poids du corps. On peut marcher longtemps et parcourir de longues distances sans s’essouffler. En outre, le bâton a l’avantage de faire fuir les serpents grâce à ses vibrations sur le sol.
En été, il est préférable de porter des vêtements souples à manches longues et des pantalons légers, cela pour éviter les piqûres de moustiques.
Il faut boire souvent pour évitez la déshydratation. Il m’arrive de nouer un tissus mouillé autour du cou pour que la peau absorbe l’eau et réhydrate le corps.
Il faut toujours faire bouillir l’eau d’une rivière ou d’un ruisseau avant de la boire, cela pour tuer les bactéries et éviter la diarrhée ou la typhoïde.
Si l’on souhaite se baigner, il ne faut pas oublier de mouiller sa nuque et ses pieds avant d’aller dans l’eau, cela pour éviter une hydrocution.
Lorsque l’on a les mains gelées en hiver, il ne faut pas souffler dessus pour les réchauffer car la vapeur provenant du souffle gel sur la peau et la douleur n’en est que plus vive.
Si l’on a les mains ou les pieds gelés, il faut frictionner vigoureusement la partie gelée avec ses mains afin de faire circuler le sang et ainsi réchauffer le corps.
En haute montagne, il faut toujours être deux. Aussi, il est bon d’avoir sur soi une petite lampe ou un miroir qui se referme. En cas de chute, les secours peuvent alors vous repérer si vous agitez la petite lampe ou orientez le miroir face aux spots géants qu’utilisent les secours en montagne. Enfin, je rappelle qu’il faut toujours redoubler de vigilance sur une montagne que nous connaissons bien et dont nous nous méfions moins.