Tanak le chasseur
Tanak venait à peine d’être initié à la chasse et n’avait tué qu’un lièvre dans sa vie. Il était encore jeune et n’avait pas beaucoup d’expérience en matière de chasse. Il savait toutefois se débrouiller seul, faire un feu, monter un abri, trouver les plantes qui soignent et tuer les lièvres.
Un jour, il se prit au charme de la jeune Miaga qui était la fille d’un homme âgé et respecté nommé Teshikewa. Ce dernier regardait Tanak d’un œil méprisant. Ce jeune, pensait-il, qui ne savait rien faire et n’était pas préparé à la vie rude. Du fait de son grand âge, Teshikewa se sentait fort et intelligent, il connaissait toutes les ruses de la chasse et avait lutté plus d’une fois aux caprices de la nature.
Le jour où Tanak lui demanda la main de sa fille, il eut un sourire sournois. Cet incapable qui n’a aucun raisonnement mûr, pensa t-il, venu demander la main de l’être la plus précieuse en ma chair. Teshikewa fit une proposition au jeune homme, d’un regard arrogant : « Si tu veux ma fille, il te faudra acquérir mon estime. Tu ne prendra pas son cœur avant d’avoir pris le mien. Tu dois prouver que tu la mérite, et pour cela tu dois accomplir un acte de bravoure. Tu chassera l’ours à mes cotés ! ».
La chasse d’un ours était des plus dangereuses, redoutée par tous les chasseurs. Blessé, l’ours charge son adversaire jusqu’à sa mort, et sa force est si puissante qu’il est conseillé de le tuer du premier coup. Tanak accepta naïvement et fut même excité par cette aventure, ce qui irrita un peu Teshikewa.
Ils partirent traquer l’ours au début du printemps, enveloppés dans leurs couvertures en peau de reine. Teshikewa avait choisi cette période pour rendre l’épreuve plus dur. Le froid du grand nord griffe la peau, la neige brûle les yeux, elle commence à fondre au printemps et alors le terrain est peu sûr, la marche est plus fatigante, l’ours sors tout juste de son hibernation et a très faim.
Tanak s’épuisait vite et suffoquait en traînant derrière Teshikewa. Celui-ci ricanait de le voir lutter dans la neige, mais le jeune homme ne se plaignait jamais. Il portait sur lui une bouse médecine est s’en servait pour soulager son mal, il tendait également un bol d’infusion à son compagnon qui refusait avec prétention. Il en avait vu d’autre, disait-il, il n’avait plus l’âge de se plaindre. Teshikewa avait oublié qu’il avait vieilli et qu’il était devenu fragile derrière son aspect vigoureux et résistant.
Il tomba lors d’une marche et ne pu se relever qu’avec l’aide de Tanak qui fut repoussé une fois son compagnon debout. Teshikewa, épuisé mais fier, continua de marcher à vive allure avant de tomber à nouveau. Tanak lui pépara alors une infusion et présenta le bol à Teshikewa. Sa bouche sifflait d’épuisement, il lui arracha le bol des mains et le bu nerveusement, se sentant humilié par ce jeune qui le sauvait.
Ils se reposèrent et reprirent la marche le lendemain. Le froid gagna le corps de l’homme âgé qui tenta en vain de marcher plus vite pour se réchauffer. Lorsque le jeune homme vit la peau de Teshikewa prendre des teintes bleutés, il le fit asseoir, le déshabilla et le frictionna avec de la neige pour faire circuler son sang. L’homme âgé ayant repris ses teintes rouges revêtit ses vêtements tandis que le jeune homme prépara un feu pour se réchauffer. Teshikewa ne pouvait plus continuer la marche mais n’osait l’avouer à Tanak. Ils marchèrent doucement en faisant régulièrement des haltes. Soudain, le jeune homme appela son compagnon car il avait trouvé des traces d’ours dans la neige, mais le vieil homme n’osa avouer qu’il perdait la vue et qu’il ne voyait pas la trace avec netteté. De même qu’il ne voyait pas la voie qu’il empruntait. Il tomba alors dans un fossé et se cassa la jambe. Tanak descendit aussitôt dans la neige et rejoignit le corps gisant de Teshikewa. Ce dernier ne montra pas sa douleur et tentait de garder le sourire en expliquant à Tanak que sa jambe était cassée. Tanak découpa alors sa couverture de reine avec son couteau dont il portait l’étui autour du couet en fit des cordes. Il trouva deux perches solides qu’il relia en forme de travoi. La partie inférieur, plus longue, servirait à transporter le blessé. Il attacha alors des rondins disposés à l’horizontal et en parallèle à l’aide de ses cordes, et déposa son compagnon sur le travoi. Il attacha le corps afin de bien le maintenir sur le travoi et le recouvra de la couverture du blessé en peau de reine. Enfin, Tanak relia les deux extrémités supérieur du travoi afin de tirer avec son front et ses mains.
Le jeune homme n’avait plus de couverture mais il ignora le froid et tira de toute ses forces le corps de son compagnon blessé. Il se rappelait des itinéraires empruntés à l’allée et su ainsi retrouver le chemin du retour. Il marcha deux jours avant d’arriver au village, dans un état à la limite de la conscience. Aussi les deux chasseurs furent recueillis par des femmes et confiés au guérisseur.
Après de longs mois de rétablissements, les deux hommes se retrouvèrent. Teshikewa contemplait Tanak d’un regard reconnaissant et lui dit : « Je t’avais dis que si tu voulais prendre le cœur de ma fille Miaga tu devais prendre le mien, et tu devais pour cela accomplir un acte de bravoure. Nous n’avons pas su chasser l’ours, mais tu as chassé en moi ma prétention et mes jugements. Les anciens sont le savoir, mais la jeunesse est la force et nous ne pourrons rien faire sans eux. Mais ne nous méprisez pas car vous aurez aussi besoin de notre expérience et de notre savoir. Tu as mérité ma fille, je te l’offre ! ».
Le mariage se déroula au village, parmi les chants des personnes âgés et la fougue de la jeunesse tournoyant, dansant avec la terre et le vent.
Conte Gaulois
Là, dans ces sombres forêts de hauts conifères centenaires au tronc si large qu’un homme ne suffisait à l’étreindre, un jeune homme contemplait les montagnes. Juché à mille mètres d’altitude, il scrutait Albia, le territoire des tribus Allobroges dont le nom signifie « Ils viennent de nulle part ». Dans cette contrée vivaient les bisons, les loups, les cerfs, les sangliers et les chevaux sauvages que l’on capturait pour chasser le sanglier à la lance. A flanc de montagne s’accrochaient des hameaux de chaumes fumantes que les étrangers qualifiaient de « maisons informes ». En effet, les Allobroges n’accordaient guère d’importance à l’aspect esthétique, vivaient dans le dénuement et l’on disait d’eux que leur caractère était aussi rude que leur montagne. Rude comme l’hiver, le tronc rigide de l’épicéa, la lame plantée dans la chair d’un sanglier, la roche qui composait ces montagnes. Rude comme la vie, celle que devaient affronter chaque jour les tribus des terres sauvages. Le jeune homme songeait à l’initiation qui devait le préparer à cette condition de vie. Car s’il incombait aux femmes le travaille difficile de la terre et de l’élevage au même titre que les hommes, il incombait aux hommes de protéger le foyer et de s’aventurer hors des terres si besoin était. En l’occurrence, l’initiation prévue dès Imbolc devait le préparer à l’errance, au dénuement, à l’adresse, la rapidité. Il ne devrait compter que sur ses propres forces et apprendrait le vrai courage, celui des guerriers combattant nus face aux légions casqués étrangères, n’ayant pour seul recours un casque orné des plumes d’Eponna, une lance et un modeste bouclier taillé dans le bois tandis que face à eux mille hommes en armure imposaient la puissance de l’empire. Pourtant, la légion était impressionné par ces sauvages nus courant vers eux sans la moindre hésitation. La légion de l’empire en était intimidé, car les soldats craignaient la mort tandis que les tribus croyaient au monde des ancêtres. Aussi les tribus gagnèrent certaines batailles face à l’empire par leur simple courage insensé qui déstabilisait les cavaliers en armure.
L’épreuve du jeune homme consistait à rester douze lunes sans vivres, sans vêtements, sans armes, dans un lieu à l’écart de toute vie humaine, dans une solitude insupportable pour qui a vécu dans un village en présence des siens. Cette épreuve était nécessaire pour la vie adulte, lors d’un pillage des tribus ennemies, lorsque le village a brûlé, que les champs ont brûlé, qu’il faut se déplacer d’un endroit à l’autre, que l’on se retrouve seul. Cela préparait l’esprit à être fort, à garder la tête froide et le calme face aux situations difficiles, à devenir comme ces guerriers qui ne craignaient rien, pas même la mort. Il avait pour cela suivi une première initiation en présence d’une Ovate qui lui enseignait les plantes médicinales et les plantes comestibles. La lune était croissante, Imbloc approchait, elle correspondait à la naissance entre le solstice d’hiver incarnant l’au-delà et l’équinoxe du printemps incarnant l’enfance. Dès lors, une réunion eut lieu dans la hutte du chef, en compagnie des trois ordres spirituels et de quelques nobles désignés pour un an à l’Opidum. Le jeune homme fut informé qu’il partirait sous escorte plus au sud-est d’Albia après les trois jours de la fête de Imbolc. La vie réapparaissait, la mousse ressurgissait, la neige fondait en formant des torrents, les fougères repoussaient en d’élégantes formes enroulées et les fleurs ressurgissaient à la surface de la terre. Il se purifia dans la rivière comme il en est d’usage, et partit le lendemain en compagnie de deux cavaliers portant capes et glaive. Deux jours furent nécessaires pour accomplir le chemin immuable qui menait à l’endroit voulu, enclavé de montagnes entre lesquels serpentait une rivière. Ici, les cavaliers le dépouillèrent comme convenu, et repartirent dans les profondeurs de la forêt en laissait l’initié face à lui-même, seul, dépouillé de tout biens matériels. A présent, il mesurait combien il devait compter sur lui-même pour survivre. Il commença à cueillir des orties, des pissenlits et de l’ail des ours pour se donner de la force en les ingurgitant. La nuit tombait, et avec la nuit vint le froid, ainsi que les hurlements lointains des loups et le proche hululement d’une chouette. Il savait que l’ours allait quitter son hibernation et qu’il aurait très faim. Aussi un feu s’imposait pour éloigner les prédateurs, mais le bois était trop humide, et l’herbe tout autant. Alors il s’assit en tailleur dos à un arbre dans la posture de Cernunos, et guettait la nuit. Il entendis autour de lui la vie, le pas lent de quelques cervidés, la fougue des sangliers à travers le feuillage. Puis, ne pouvant lutter contre le sommeil, il finit par s’endormir. Au matin, la rosé pénétrait la forêt en une brume douce et mystérieuse suspendue dans l’air. Il ouvrit les yeux dans un décors bleuté, les oiseaux lançaient divers sons stridents et semblaient communiquer entre eux. A présent, il avait vraiment faim comme l’ours du printemps et songeait à fabriquer une lance de fortune. Ainsi il brisa un bâton en un éclat pointu, voilà qui ferait l’affaire pour chasser ou se défendre. Puis il se nourrit de plantes, mais aussi d’insectes fournissant au corps les protéines. Enfin, le soir venu, il se posta à l’endroit où passaient les sangliers et attendit en pointant, immobile, sa lance. Au bout de longues heures, le bruit des feuillages laissa passer un groupe de sangliers. Le quatrième passé, la lance poussa l’un d’eux à terre et le perfora. De la viande, une peau des os pour les outils, le jeune homme était soulagé, mais surtout fier. Les loups ne tarderaient pas à flairer la carcasse. Il l’ouvrit, mangea d’abord le cœur et le foie, récupéra la peau et sauva ce qu’il put en viande. Il la transporta dans la peau et celle-ci fut suspendue sur un arbre à l’abri des loups. Le lendemain il récupéra les os qui, brisés et limés à la pierre, formaient des pointes de lance maintenus à la résine, des racloirs pour tanner les peaux, des aiguilles à coudre et des lames pour récupérer les écorces qui soignent ou qui fournissent, comme le tilleuil pour le cordes et le bouleau pour les récipients, les matériaux utiles. Mais aussi pour mieux découper la viande et les peaux. Il lima ces os sur une pierre. Aussi, il tenta de ôter la couche humide d’un bâton pour en faire apparaître la l’intérieur sec, et frotta ainsi deux bâtons contre de l’herbe séchée. Au bout de longues heures, une odeur de fumée, puis des braises emplirent le garçon de joie. Il tanna la peau et confectionnait deux sacs dont l’un conservait du bois et de l’herbe au sec en cas de pluie, et l’autre conservait la viande séchée. Dans cette immensité sauvage, il parcourait les régions montagneuses, longeait la rivière qui était un affluent du fleuve Rhodarius, s’y lavait et en buvait l’eau. A présent, il possédait une lance aiguisée et avait de quoi attiser un feu. Au passage, il récoltait les plantes et écorces médicinales et les conservait séchées pour se soigner le reste de l’année. Il chassa d’autres animaux, fabriqua même un arc, des flèches, et parcourait d’autres terres. Que de paysages magnifiques, de vastes plaines s’étendant aux flancs des hautes montagnes escarpées, de vaste prairies vallonnées, des grands espaces qui rappelait à l’homme sa modestie. Il accumula les fourrures en prévision pour l’hiver, se confectionna des bottes et une sobre tunique en peau fumée au bois afin de la rendre étanche et résistante. L’été apporta les mûres sauvages, les fraises des bois, les couleurs tapissaient les prairies, embaumaient les forêts et attiraient les papillons virevoltant allègrement dans les airs, ainsi que les abeilles récoltant le pollen. Dans les forêts de résineux, le brame du cerf en rut résonnait, grave et métalique. Il n’y avait plus à craindre de l’ours qui ne se nourrissait désormais plus que des fruits des bois, mais les loups rodaient en meute. Le jeune homme fit un jour l’expérience des loups. Ils se retrouvèrent nez à nez, le loup observait le garçon et ce dernier savait qu’il devait rester debout devant lui. Les regards se croisèrent, les yeux jaunes et magnifique du loup, bordé d’un trait noir oblique, lui donnait un air fantastique et fascinant. Puis le loup fit demi tour et s’enfuit, le jeune homme sut alors qu’il n’avait plus rien à craindre des loups.
Cet endroit lui plaisait, et il fallait maintenant songer à monter un abri pour les jours froids à venir. Ainsi, il érigea une structure de bois qu’il recouvrit d’une épaisse couche d’herbage. Au fil des lunes, les feuillus prenaient des teintes variant du vert au rouge, du jaune au violet. Ces teintes vives comme des flammes contrastaient avec superbe parmi la verdure des conifères. Le garçon récoltait les noix, les châtaignes et les noisettes, ainsi que les pommes sauvages. Il contemplait les chevaux libres courant dans les hautes herbes, les bisons broutant les derniers pâturages, puis la neige annonça le vide et le silence. De la fumée s’échappait de la hutte émergeant de cette surface désolée, blanche, sous un ciel lourd et gris. Le garçon entretenait le feu et ne sortait que pour pister les traces dans la neige. Il buvait les infusions de plantes afin de renforcer le corps, se frictionnait les membres afin de les réchauffer lors des longues marches dans la neige, mangeait de la viande et de la graisse. Puis, un soir, un inconnu entra dans sa hutte et s’assit près du feu. Il portait cape et glaive, ainsi qu’un vêtement en fourrure lui arrivant aux chevilles, et des bottes doublées lui arrivant aux genoux. Il observa le garçon emmitouflé dans ses fourrures, et prit enfin la parole. Je suis venu, dit-il, t’informer que Yule est désormais passé, que Imbolc approche et que tu as fort bien accompli ton initiation. J’étais là, veillais, m’assurais que tout se passe bien, et j’aurais sorti mon glaive si tu étais en danger. Mais je t’ai vu dormir sans feu, tuer un sanglier avec un simple bâton brisé, parcourir l’étendue de ces terres sans jamais éprouver la fatigue, regarder un loup dans les yeux sans jamais ressentir la peur. J’ai tout vu, même les choses les plus intimes, et te voilà devenu désormais un homme véritable. Un homme véritable a lutté contre ses peurs, les a dominé, son esprit est rigide comme le roseau toujours debout, immortel comme l’épicéa toujours vert, détaché comme le châtaigner qui donne sans demander en retour. Je te ramène demain au village, tout le monde sera heureux de te revoir.
Le lendemain, deux chevaux montés s’éloignaient de la hutte, ils repartaient vers le nord-ouest tandis que la neige effaçait les traces de sabots. Leurs silhouettes se perdaient dans les brumes de l’hiver, laissant derrière eux un blanc opaque, profond, doux, immaculé.
Haalswald et les elflings
Les brumes enveloppaient cette contrée Germanique en ce début d’automne. Les conifères émergeaient de la brumes et l’on devinait à travers le voile pâle une forêt aux couleurs flamboyante. Au cœur des bois était un village dont les fumées de chaque foyer émanaient des toits de chaume. Les hommes chassaient le cervidés, vêtues de peaux fumées, l’arc taillé dans l’if tendu à son maximum dans un décors rougeâtre, pourpre et orange. Les grand-mères allaient chercher du bois mort qu’elles transportaient sur le dos par des lanières en tilleul ou en merisier. Les enfants partaient aux champignons, aux noisettes, aux châtaignes, et les déposaient soigneusement dans un panier de jonc ou de coudrier. Un seul mot d’ordre pour tous, ne pas tomber au sol en face d’un loup. Mais le loup était aussi craint que vénéré, et tant que l’hiver ne le poussait pas à la faim il restait encore craintif envers l’homme. Les jeunes gens étaient oisif, il ne fallait point trop en demander à cette période où la rêverie est plus forte que le reste. Haalswald était l’un de ces jeunes oisifs, il sifflait ou chantait dans la forêt en lançant des galets sur la berge. Rien ne le motivait, il ne songeait ni à l’avenir ni au passé, ni même à sa propre condition. Il portait une capuche s’étendant jusqu’aux épaules, et dont les bords étaient taillées en zigzags. Un haut de vêtement découpé sur le même motif, un pantalon muni d’une lanière de cuire en guise de ceinture, de hautes bottes entourées de lanières, et portait une bourse en bandoulière. Du reste, il avait les cheveux longs et hirsutes, les yeux bleus propre à sa race germanique et une peau clair du fait du manque de soleil. Comme tout Germains, Haalswald croyait en Wudan, le Dieu créateur de tout ce qui vit.
Haalswald ne le savait pas, mais il était observé à travers les fougères, entres les pierres couvertes de mousse et de lichens, sous les cavités que les racines formaient sous les arbres. Un œil avisé aurait vu deux yeux briller dans l’obscurité de ces cachettes, mais il était difficile cependant de remarquer des êtres aussi discrets que les elflings, que l’on appelle aujourd’hui des elfes. Ces derniers, méfiants à juste titre, ne se montraient pas aux humains. Ils se contentaient de les observer, et connaissaient fort bien les mœurs des humains, ce qui les effrayaient davantage. Car les elflings étaient des êtres pacifiques, soucieux du bon ordre des choses. C’étaient aussi des êtres raffinés qui n’avaient rien à voir avec les trolls sales et laids. Or ce jour était différent, car les elflings étaient face un problème que seul un humain pouvait résoudre, et il leur fallait entrer en contact avec l’un d’eux. Mais il était difficile, pour un elfling, d’entrer en contact avec un humain. Soit ce dernier, pris de peur, fuyait à toute jambe. Soit il tentait de l’attraper pour le rapporter fièrement au village en guise de trophée. Soit alors il appelait vite les autre pour leur dire « Regardez, un elfling ! ». La nonchalance de ce jeune insouciant désinvolte d’une vingtaine d’année avait attiré leur attention, et peut être, se disaient-ils, il pouvait les aider. Un elfling tenta de se montrer, il avait les ailes aux reflets bleutées et violacées car enduites de mûres ou autre fruits des bois. Ses vêtements étaient composés de feuilles, de mousse, et deux oreilles pointues dépassaient de sa longue chevelure. Avec beaucoup de légèreté et de fluidité, cet elfling s’élança d’un arbre à un autre, et Haalswald le suivit du regard. Il en fut à peine surpris, éprouvait même un certain détachement pour ce spectacle et continua sa route. Ce comportement intrigua les elflings, celui-ci ne ressemblait pas aux autres humains. L’elfling se risqua à s’approcher davantage de Haalswald, jusqu’à virevolter à ses coté comme un grand papillon. Cette compagnie ne déplut point à Haalswald qui continuait sa route en sifflotant comme si cette présence eut été normale, ajoutant un peu de magie dans le quotidien déjà bien rempli par l’imaginaire. L’elfling toucha le sol de ses pieds « Humain, il me faut te parler », ce à quoi Haalswald répondit « fort bien, de quoi souhaite tu parler ? » et ainsi fut engagé la conversation entre l’elfling et l’humain.
- Pourquoi n’as-tu point peur des elflings ?
- Pourquoi aurais-je peur ?
- Pourquoi ne cherches tu pas à me capturer ?
- Pourquoi faire ?
- Tu serais fier de dire au village que tu as rencontré un elfling
- Ce que je vois ne regarde personne
- Tous les humains aiment se rendre intéressants
- Pas moi
L’elfling considéra Haaswald d’un regard intrigué et amusé.
- Il me faut te présenter à notre chef Guntrum, Si tu le veux bien.
- Très bien, mais il faudra que je rentre au village avant le crépuscule
- Il en sera ainsi
L’elfling virvolta joyeusement tandis que Haalswald tentait de le suivre. Le chef des elflings, Guntrum, était assis sur un cèpe et attendait, il avait en effet été avertit de la venue d’un humain. Il considéra le Germain et lui adressa ces paroles.
- Soit le Bienvenue, humain. Tu sais qui je suis et je sais qui tu es. Bien avant tout, j’aimerai de demander ceci. Si je te donnais une baguette magique, qu’en ferais-tu ? Tu en serais fier et la conserverais soigneusement dans une boîte caché quelque part ? Tu la refuserais ? Ou tu serais si heureux que tu t’empresserais de t’en servir ?
- Je la refuserais, je n’en ai que faire
- Comment ? Tu refuserais une baguette magique ? Mais avec une baguette magique tu as le pouvoir, tu deviens puissant, tu peux faire tout ce que tu veux et tes caprices sont exaucés.
- Cela ne m’intéresse absolument pas, je n’ai pas besoin d’une baguette magique pour être heureux
- C’est justement la réponse que je voulais entendre. N’importe quel humain aurait voulu posséder une baguette magique en son nom ou se serait empressé de s’en servir pour satisfaire tout ses caprices. Le fait que tu me la refuse témoigne de ta grandeur d’âme. J’ai besoin d’un humain au cœur pur comme le tiens, car nous sommes face à une situation peu enviable. En effet, nous avons attiré la colère de Wudan sur nous et notre peuple souffre d’une maladie étrange. La seule chose à faire pour apaiser la colère de Wudan est de capturer une licorne et de la lui offrir, mais nous autres elflings en sommes incapables. Seul un humain peut le faire.
- Une licorne ? Mais il n’y en a point en cette contrée
- Jadis les humains aimaient capturer les licornes, ils convoitaient l’ivoire de sa corne. Aussi les licornes se sont déplacées vers des montagnes inaccessibles à l’hommes. Les elfling peuvent voler et les observer, mais les hommes en sont incapables tant la contrée est parsemée de crevasses par dessus lesquels ont sauté les licornes pour fuir les humains. Si tu es assez hardi, je te donne pour mission de ramener une licorne, tu en sera grandement récompensé.
- Fort bien, j’accepte
- Va, humain, nous comptons tous sur toi.
Revenu au village, Haalswald ne fit point mention de son étrange rencontre avec les elflings. Il demanda où était Hagen, le chasseur le plus réputé du village, et l’on lui indiqua le vieux chêne au pied duquel Hagen enduisait ses flèches d’essence d’if en guise de poison. Non loin de là tante svaidraft ramassait le bois mort pour l’hiver. Hagen était un homme imposant, de longs cheveux grisonnants séparées par une frange centrale, une longue barbe fournie, des moustaches retombantes et d’épais sourcils caractérisaient son visage. Il portait une cape sur les épaules, un pantalon et de hautes bottes tenues par des lanières de cuir. Haalswald le salua et lui demanda
- Hagen, as-tu déjà capturé une licorne ?
Ce dernier partit d’un rire franc, très sonore et peu raffiné
- Cela fait bien longtemps, de mémoire d’homme, qu’il n’y a plus de licorne en ce pays. Elles ont toutes été décimées par la cupidité des hommes, et pour ma part je n’en ai jamais vu.
- Sais tu comment l’on s’y prenait pour capturer une licorne ?
- Il fallait un bon lasso, bien solide, mais même cela ne suffisait pas. Il était très difficile de capturer une licorne, les hommes avaient fini par creuser un trou en le recouvrant de branches afin de piéger l’animal. Impossible de la chasser à l’arc, les licornes étaient graciles et rapides.
Haalswald salua Hagen et retourna à sa chaumière, quand tante Svaidraft vint le rejoindre après avoir déposé son fagot de bois. Elle lui dit ces mots.
- Ainsi, Haalswald, tu veux capturer une licorne ? Les hommes n’ont jamais su capturer une licorne car ils s’y prenaient très mal. Ils utilisaient la force, la violence, ce n’est pas ainsi que l’on contraint une licorne à nous suivre. Je vais te le dire, il n’existe qu’un seul moyen pour capturer une licorne : La douceur. Les femmes savaient fort bien s’y prendre, et si l’on en voyait une on n’en soufflait mot pour ne pas attirer les hommes. Car nous aimions leur compagnie, leur grâce, ma grand mère a pu un jour caresser une licorne sans l’effrayer. Mais cela, ce sont des secrets de femmes.
- Mais les licornes, ça existe vraiment ?
- Elles ont existé un temps, mais désormais il n’y en a plus. Viens, je vais te montrer quelque chose.
Elle écarta de ses mains la paille du sol, souleva une écorce de sapin solide et dans un trou creusé dans le sol se trouvait un crane de licorne. Aussi elle le sortit du trou pour le montrer au jeune homme. C’aurait pu être un crane de cheval, mais de forme plus subtile, la surface plus immaculé, les courbes plus fines, et au dessus des orbites s’élançait une corne en colimaçon comme recouvert d’un fin vernis grisâtre.
- Mon mari ignore la présence de ce crâne de licorne, sans quoi il aurait tôt fait de s’emparer de son ivoire ou de le troquer contre de l’or. Ce crane est le dernier témoignage d’un animal qui un jour ne deviendra qu’une légende. N’en dit mot à personne.
- Il en sera ainsi. Merci tante Svaidraft.
Le soleil couchant déposait sa lumière dorée à travers le feuillage jaunis des arbres, rendant la forêt plus écarlate qu’elle ne l’était. Haalswald se déshabilla, se glissa entre les épaisses peaux d’ours en fourrures posées sur de souples brindilles de conifères, et se laissa entraîner par des rêve emplis d’elflings et de licornes.
Au matin, réveillé par les premières lueurs bleutées du soleil, il se rhabilla, bût une infusion de tilleul accompagné de noisettes et partit en forêt. En chemin il reçut un caillou et se retourna, quatre trolls ricanaient sur son passage. Ils étaient laids et sales comme le dit la légende. Ces derniers étaient de petite taille, leurs cheveux étaient longs, pouilleux, leur nez énorme et leurs haillons n’étaient que des lambeaux informe. C’étaient de grands farceurs mais leur humour était difficilement partagé. Si les elflings restaient discrets à la vue des humains, les trolls aimaient se faire remarquer par leur pitrerie et les humains les évitaient au mieux.
- Où vas tu humain ? On peux venir avec toi ? Il parait que tu as rencontré Guntrum, quel chance !
- Vous êtes de bonne compagnie, mais je n’ai point de temps à perdre, à bientôt.
- On peut t’être utile, c’est vrai on ne sait rien faire mais tu auras besoin de nous pour rire un peu quand tu te sentiras seul.
- Je vous remercie mais Guntrum m’a chargé d’une mission délicate, on ne pourra point s’amuser
- Qui sait…
Perché sur un arbre, un éclaireur elfling s’adressa aux Trolls et à Haalswald en ces termes
- Laissez cet humain tranquille, et retournez dans vos grottes manger des larves d’insectes ! Haalswald, je suis heureux de te revoir. Je suis Limingen, l’elfling que tu as rencontré hier. Notre chef Guntrum a quelque chose d’important à te dire. Où sont tes affaires ?
- Je n’en ai point.
- Tu ne peux partir ainsi, il te faut une couverture, une arme, du silex, un cheval et des vivres.
- Je ne possède point de cheval, aussi je ne possède point d’arme et je suis un bien piètre chasseur. Quant aux vivres, il me suffira de me nourrir de châtaignes et de pommes.
- Là où tu vas te rendre, Il n’y a point tout cela, tu n’as point idée de l’endroit où tu songe t’aventurer. Retourne à ton village, prends une couverture, des vivres, et reviens nous voir. Il te faut aussi prévenir les tiens de ton absence.
Haalswald revint alors au village, roula sa peau d’ours, fit griller un sac de châtaigne, rassembla aussi des pommes, des noisettes, et prévint Hagen de son absence. Ce dernier poussa un rire sonore et, tout en s’essuyant le nez avec sa manche, s’écria.
- Va ! La capture d’une licorne te fera prendre l’air
Les trolls l’attendaient et lui proposèrent de porter ses affaires, soit une peau d’ours, un sac de châtaignes, un sac de noisettes et un sac de pommes, ce que le jeune homme accepta volontiers. Lemingen, reconnaissant des trolls pour leur aide, les invita à accompagner Haalswald à la rencontre de Guntrum. Ce dernier les attendait assis sur un gros cèpe.
- Je te souhaite bon voyage, humain. Mais avant de partir je souhaite que tu prenne ceci avec toi. On dirait un simple bâton de marche, mais il s’agit bel et bien d’un bâton magique ! Il est pour toi.
- Je vous ai dit que je n’en voulais point
- Prends, car là où tu vas tu en auras grandement besoin. Lemingen t’accompagnera. Quant à ces trolls…soit ! Ce bâton fonctionne ainsi. Il te suffit de taper trois fois sur le sol et de dire à voix haute ta volonté. Mais ce bâton fonctionne avec le cœur, nul ne peut s’en servir à des fin égoïstes car alors le bâton resterait sourd à sa volonté. Tout être motivé par le pouvoir, la domination, le caprice, afin de satisfaire ses propres exigences, pourra bien taper ce bâton sur le sol et dire ce qu’il veut dire, il n’obtiendra jamais ce qu’il veut. Mais lorsque le veux est motivé par l’amour et le respect d’autrui, alors son veux est entendu et exaucé.
- Merci Guntrum, je vous rapporterai la licorne.
- Qu’il en soit ainsi.
Le bâton était le tronc d’un jeune épicéa dépourvu de rameaux. Son sommet était orienté vers le sol, tandis que ses racines étaient orientés vers le haut en un énigmatique entremêlement fourchu. Ainsi l’elfling montra la route au jeune homme, suivit des quatre trolls. Haalswald aimait sa nouvelle compagnie, même s’il se serait bien passé des noisettes que lui lançaient les trolls entre deux ricanements. Le soir venu, Lemingen alluma un feu afin d’éloigner les loups, et tous s’endormirent sous un ciel étoilé.
Au matin la route reprit, et Lemingen virevoltait allégrement de ses ailes bleutées et violacées aux coté de Haaswald. Bientôt les arbres se firent plus rare, le chemin plus escarpé, et les six voyageurs découvrirent devant eux la terre d’exil des licornes. Elle était d’une immense désolation, un véritable désert rocheux où l’herbe poussait tant bien que mal. Devant eux s’étalait une plaine parsemée de crevasses et de canyons, tandis qu’au loin s’élevait un décors accidenté de citadelles de pierre entre lesquels tournoyaient comme d’énormes chauves-souris lâchant des cris stridents. Lemingen informa Haalswald
- Ce sont des dragons, ils font leurs nids dans ces hautes crêtes rocheuses et éloignent tout ceux qui essayent de s’aventurer sur leur territoire. Ils n’attaquent pas les licornes car ils sont en accord avec wudan, et les licornes se savent protégées par ces dragons.
- Les dragons, voilà peut être ma solution pour traverser à vol d’oiseau ce territoire.
Un dragon, justement, s’approcha du groupe. Il était magnifique, c’était une sorte de mélange entre une chauve-souris, un renard, un reptile et un oiseau. Il se posa et tenta d’impressionner le groupe en déployant ces ailes et poussant des bruits sourds proche du cris d’un rapace tout en actionnant sa tête de tout sens. Bientôt il crachait les premières flammes et Haalswald, peu impressionné, tapa trois fois son bâton sur le sol en s’écriant
- Je souhaite avoir une conversation avec ce dragon !
- Que veux-tu, humain ? Ceci est le territoire des dragons et nul ne peut pénétrer en son sein.
- Je viens de la part de Guntrum chef des elflings. Son peuple à attiré la colère de wudan et je suis venu chercher une licorne pour guérir son peuple.
- Muahahaha Toi humain ? Ami des elflings ? pacifiste envers les licornes ? Les dragons sont wudan, tout ce qui vit est wudan, wudan est en tout ce qui vit. Les licornes sont wudan, et les dragons wudan protègent les licornes contres les humains qui doivent apprendre à devenir wudan.
- Vois, Lemingen est mon ami, je suis l’ami des elflings et j’ai vraiment besoin de ramener cette licorne auprès de Guntrum car son peuple est en danger. Acceptes-tu de m’amener jusqu’à elles ?
- Muahahaha, et si je t’amenais vers ma progéniture ? Ils ont faim, l’hiver approche
- Ce serait bien regrettable car j’ai ici un bâton magique et te transformerais en une vulgaire chauve-souris !
- Soit ! Montez sur mon dos je vais vous indiquer le chemin.
Haalswald et Lemingen montèrent à califourchon sur le dos du dragon, les trolls peu hardis préférèrent les attendre sur place et le dragon prit un formidable envole. Il s’éleva du sol et bientôt survola les montagnes, les deux amis furent émerveillés par un spectacle aussi grandiose et crièrent leur joie tandis que de chaque cotés les ailes battaient l’air. Au loin une harde de licornes broutaient à l’ombre de quelques arbres, et c’est ici que le dragon décida de les déposer avant de s’envoler. Haalswald s’approcha de l’une d’elle et se rappelait du conseil de tante Svaidraft, les licornes se capturent par la douceur. D’abord le jeune homme appréciait le spectacle, on eut presque dit un cheval, mais c’était une créature plus gracile, plus fine. A la vue du jeune homme la licorne chercha à s’enfuir, puis elle l’observa haletante. Il ramassa alors une touffe d’herbe et s’approcha doucement. Arrivé auprès d’elle, il lui tendis de l’herbe et, tandis qu’elle broutait il tenta de poser la main sur son pelage. Celle-ci eut un mouvement de recule puis se rapprocha pour manger de l’herbe dans la main du jeune homme. Il posa alors doucement la main sur son crin, sur son échine frémissante, et enfin l’humain et la licorne n’avaient plus peur l’un de l’autre. Ainsi était la véritable méthode pour capturer les licornes, et Lemingen souriait en voyant la licorne et le jeune homme marcher cote à cote. Enfin, Haalswald tapa trois fois son bâton sur le sol et s’exclama
- Je souhaite avoir une conversation avec cette licorne !
- Comment es-tu arrivé jusqu’ici, humain ? D’autres humains vont t’ils venir aussi ?
- Non, rassures-toi, nul ne viendra. Je suis envoyé par Guntrum chef des elflings, il m’a demandé de ramener une licorne pour sauver son peuple de la colère de Wudan. Lemingen, mon ami elfling, est venu aussi. Acceptes-tu de nous aider à sortir de cette contrée et de te présenter à Guntrum ?
- Je veux bien vous rendre ce service.
Haalswald confia le bâton à Lemingen, leva sa jambe contre le flanc de l’animal et, tenant les crins de ses mains, se hissa sur le dos de la licorne. Il fut bientôt rejoint par Lemingen qui lui rendit son bâton. D’un coup de galop, la licorne s’élança dans cette immensité semi-désertique, sauta d’une crête à l’autre avec agilité, passa au dessus de chaque crevasse et en peu de temps rejoignit les trolls restés à les attendre. Ces derniers sautaient en l’air en lançant des noisettes pour le plaisir à la vue du cavalier et de sa monture. Enfin tous redescendaient vers les forêts et le soir venu Lemingen alluma un feu contre les loups, que l’on entendait de surcroît hurler non loin de là. Le lendemain Hagen, alors partit en chasse, découvrait Haalswald sur le dos de la licorne, un elfling blotti contre lui et quatre trolls transportant sacs et couvertures, aussi ce dernier resta pantois et n’osa dire mot. Enfin le cavalier se trouva face à Guntrum, et descendit de sa monture en rendant le bâton à Guntrum tout en le remerciant de sa gratitude. La licorne lécha alors les elflings malades et tous retrouvèrent la santé. Alors Guntrum prit la parole
- Merci, humble humain, tu nous as apporté la licorne qui a apaisé la colère de wudan, nous sommes maintenant guéris et en terme avec les éléments. Tu t’es servi du bâton magique avec sagesse sans abuser de ton pouvoir. Je te couvrirai d’or, je t’offirai des elflings à marier, tu sera grandement récompensé Haalswald. Haalswald ? Mais où est passé ce garnement ?
Haalswald était déjà loin, il chantonnait et sifflotait dans la forêt en lançant des galets sur la berge, suivit des quatre compères trolls, et assez content de s’être débarrassé de cette histoire. Lemingen, caché, souriait en le voyant et reparti rejoindre les siens tandis que Haalswald récupérait ses affaires, remerciait les trolls et rentrait au village.
Il fut grandement récompensé par wudan qui lui offrit une vie heureuse et sereine.
Fin